"Pourquoi pas viser les playoffs." La phrase a été lâchée naturellement, par Dylan Mbayo, fraîchement arrivé au Stade lavallois et présenté ce lundi aux Gandonnières.
Oui, on vous voit déjà réagir, supporters et lecteurs, face à une déclaration qui, trois jours après une énième défaillance à domicile, peut interroger, voire agacer. Dans un club où l'on ne parle que de maintien, où chaque match est vécu sous tension, ces mots sonnent comme une dissonance.
Et pourtant, ils résument parfaitement ce que recherchait le staff mayennais en recrutant l'ailier belge de 24 ans : un joueur qui ne joue pas avec la peur au ventre, qui ne pense pas d'abord au maintien, mais au fait de gagner des matches.
Un joueur ''solaire'' pour faire respirer le groupe
Car si Mbayo arrive à Laval pour ses qualités de percussion et de déséquilibre offensif, son état d'esprit compte tout autant. "On avait besoin d'apporter une énergie complémentaire au groupe, explique le président Laurent Lairy. Pas supplémentaire, mais complémentaire", insiste-t-il, conscient que le club a dû consentir un effort financier en rouvrant "légèrement la masse salariale globale" pour finaliser ce dossier.
Sur le plan sportif, Olivier Frapolli ne cache pas ce qui l'a séduit chez le joueur. "On voulait un profil capable d'amener de la percussion, du déséquilibre dans les un contre un. Ce sont des profils rares, très demandés." Mais très vite, l'entraîneur lavallois élargit le propos. "C'est quelqu'un de souriant, de solaire. Et dans des périodes un peu plus difficiles, ce n'est jamais négatif", souligne-t-il. Mbayo arrive en prêt, "il sait pourquoi il est là", ajoute Frapolli, qui voit en lui un joueur capable d'apporter de la fraîcheur dans un vestiaire marqué par les contre-performances.
Une légèreté qui tranche avec le discours ambiant
Cette fraîcheur, Mbayo l'a affichée dès sa première prise de parole. "Pour moi, le plus important, c'est de jouer et de prendre du plaisir sur le terrain", confie-t-il. Quand il évoque les playoffs, Mbayo ne cherche pas à provoquer, ni à faire de l'humour belge. Il parle avec spontanéité. "Il suffit parfois de gagner un match et tout peut aller très vite", glisse-t-il. À Laval, personne ne se projette aussi loin. Mais c'est précisément cette absence de retenue qui interpelle.
Pour Olivier Frapolli, cette distance émotionnelle est une force. "Il a de l'expérience, il parle français, il connaît la culture française. L'adaptation va se faire très vite", assure le coach, qui insiste sur le fait que Mbayo est "opérationnel tout de suite". Le président Laurent Lairy assume, lui aussi, ce choix hivernal. "On a fait des choix cet été, on les assume pleinement, rappelle-t-il. Et comme on s'était donné la possibilité d'ajuster cet hiver, c'est ce qu'on fait aujourd'hui. Je n'ai aucun regret."
Dylan Mbayo ne promet ni miracles ni sauvetage express. "Dès que je rentrerai sur le terrain, je donnerai le meilleur de moi-même pour gagner le plus de matchs possibles", assure-t-il. Mais dans une saison où le Stade lavallois semble parfois jouer avec le poids du classement sur les épaules, cette légèreté assumée pourrait devenir un atout. À Laval, il ne s'agit pas de rêver plus haut que la réalité. Il s'agit d'abord de respirer. Et parfois, une phrase lâchée sans calcul suffit à rappeler que le football se joue aussi avec liberté.
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