Le constat est désormais partagé par tous. Même par les principaux concernés. Le problème du Stade lavallois dépasse largement le cadre d'un système, d'un choix tactique ou d'un manque de réussite. Vendredi soir, face à un SC Bastia jusque-là incapable de gagner à l'extérieur, Laval a livré bien plus qu'une contre-performance. Il a exposé au grand jour une fragilité mentale qui interroge directement sa capacité à lutter pour sa survie en Ligue 2.
Avec seulement 0,13 expected goal produit sur l'ensemble du match, les Tango n'ont jamais réellement existé offensivement. Mais au-delà des chiffres, c'est l'attitude qui interpelle. Aucune révolte, aucune séquence de domination, aucun moment où l'on a senti une équipe prête à forcer son destin. Comme si la peur de perdre avait définitivement pris le pas sur l'envie de gagner.
Le poids du souvenir du maintien 2022-2023
Après la rencontre, Olivier Frapolli a été interrogé sur les ressorts qui avaient permis au Stade lavallois d'aller chercher son maintien lors de la saison 2022-2023, notamment lors de la victoire décisive à Amiens. Une référence qui revient souvent, presque comme un refuge. Mais la question centrale est désormais posée : ce groupe a-t-il le même caractère que celui d'alors ?
Les départs de cadres comme Jimmy Roye, Anthony Gonçalves ou Jordan Adéoti ont laissé un vide qui ne se comble pas uniquement par des qualités athlétiques ou techniques. Ces joueurs incarnaient aussi une forme de dureté, une capacité à répondre présent quand la pression devenait maximale. Aujourd'hui, Laval semble manquer de ces ''gueules'', capables de tirer le groupe vers le haut dans les moments critiques.
Une équipe qui ne sait plus jouer sous pression
En conférence de presse, Olivier Frapolli n'a pas cherché à fuir ses responsabilités, mais son discours révèle une impasse inquiétante. L'entraîneur lavallois parle d'un groupe qui ne parvient plus à se libérer à domicile, d'un "blocage" mental qu'il n'a, pour l'instant, pas réussi à lever. Les mots reviennent sans cesse : pression, confiance, fragilité.
"Le premier but décide de notre match", reconnaît-il. À domicile, chaque minute qui passe sans marquer renforce l'angoisse, crispe les gestes, multiplie les erreurs techniques inhabituelles. Laval ne joue plus pour gagner, mais pour ne pas sombrer. Le stade Francis-Le Basser, autrefois point d'appui, est devenu un fardeau ces dernières saisons. Le public, d'abord exigeant, est désormais résigné. Les sifflets ont laissé place à une forme de silence, presque de fatalisme. Comme si tout le monde, joueurs compris, avait intégré l'idée que le match pouvait basculer au moindre incident.
Frapolli le reconnaît, aller presser haut, prendre des risques, laisser des espaces dans le dos nécessite une confiance que son équipe n'a plus. Résultat : Laval subit sans vraiment subir, attaque sans conviction et s'expose, paradoxalement, sur des situations qu'il cherche justement à éviter.
Un maintien qui ne se gagnera pas seulement au mercato
L'entraîneur lavallois l'a rappelé, le mercato ne permettra pas de changer tout un effectif. Le maintien passera nécessairement par une transformation intérieure du groupe. Apprendre à vivre avec la pression, à l'accepter, à jouer malgré elle. Or, pour l'instant, ces ressorts semblent absents.
Il reste encore de nombreux matchs, et mathématiquement, rien n'est joué. Mais le danger est là : une équipe qui doute trop longtemps finit souvent par valider ses propres peurs. Et vendredi soir, face à Bastia, le Stade lavallois a donné une impression glaçante — celle d'un groupe conscient de l'enjeu, mais incapable d'y répondre.
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