Après des vœux creux qui se voulaient consensuels, le président s'est remis à parler à droite et à gauche. Entre un refus de l'accord avec le Mercosur et des propos aux ambassadeurs n'ayant aucunement retenu l'attention, il a continué à militer pour l'Ukraine, envisageant d'y envoyer, après un cessez-le-feu, une force franco-britannique de 10 000 hommes. Il a en revanche adopté un profil bas sur le Venezuela, où la situation reste complexe.
Voulant montrer qu'il garde la main en politique intérieure, il a lancé l'idée d'un haut-commissariat à la diversité et aux diasporas chargé de promouvoir plus de diversité dans le domaine public. Soucieux du " vrai visage de la France ", il reprend là des lubies typiques de la gauche, pensant s'assurer des soutiens médiatiques et politiques. D'où l'appel à des personnalités emblématiques comme le footballeur Lilian Thuram, le judoka Teddy Riner, l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira et les anciens ministres de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem et Pap Ndiaye.
Pendant ce temps, Sébastien Lecornu a fait savoir qu'il avait demandé à son ministre de l'Intérieur d'examiner la faisabilité d'élections législatives anticipées au moment des toutes prochaines municipales des 15 et 22 mars. Se voulant plus technique que politique, le Premier ministre estime que, s'il peut y avoir censure, il peut y avoir dissolution. Affirmant ne pas souhaiter cette solution, le chef du gouvernement dit pourtant s'inquiéter " de voir des députés socialistes ne pas suivre la ligne de conciliation prônée par leur premier secrétaire Olivier Faure ".
Cette annonce a été rendue publique en accord avec Emmanuel Macron. Il semble en tout cas assuré que, si Sébastien Lecornu était renversé, le chef de l'État ne lui chercherait pas de successeur, optant donc pour le retour aux urnes moins de deux ans après la dissolution de 2024. Mais lier le sort des municipales aux législatives fait figure de nouveauté déstabilisante, car elles font normalement prévaloir les enjeux locaux sur les nationaux. Si les deux scrutins étaient mêlés, la tonalité nationale des législatives prendrait inévitablement le dessus.
On assisterait ainsi à un nouvel épisode de la tragi-comédie ouverte en juin-juillet 2024. Nul ne peut en prévoir l'issue. Il est possible que le réancrage de la macronie à la gauche dite modérée repousse cette hypothèse tout comme il pourrait constituer la base d'un nouvel " arc républicain " pour tenter de bloquer l'ascension du RN. Qui serait alors le plus habile ?
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