Face au traité de libre-échange avec le Mercosur, Joël Balandraud, président de l'AMF 53, met en garde contre une concurrence jugée déloyale pour les filières agricoles.
Une menace directe sur plusieurs filières agricoles françaises
"Le commerce mondial et le libre-échange sont indispensables à la prospérité des nations. Ce sont des leviers majeurs de puissance économique", rappelle Joël Balandraud, président de l'AMF 53 et vice-président de l'Association des maires de France. Mais pour l'élu mayennais, ces accords ne peuvent être pensés sans tenir compte des rapports de force qu'ils engendrent.
Le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur fait ainsi peser, selon lui, une menace directe sur plusieurs filières agricoles françaises déjà fragilisées, notamment la viande bovine, la viande porcine et les volailles. En cause : des distorsions de concurrence structurelles liées à des coûts de production, des intrants et des règles sociales, sanitaires et environnementales "incomparables avec les nôtres".
Une concurrence jugée déloyale pour les agriculteurs mayennais
Cette concurrence est susceptible d'impacter fortement l'agriculture mayennaise, territoire rural dont l'économie repose largement sur l'élevage et les productions agricoles. "De très nombreux agriculteurs et éleveurs, déjà éprouvés par des crises successives, pourraient se retrouver en grande difficulté", alerte Joël Balandraud.
Les inquiétudes et le désarroi du monde agricole n'ont jamais été aussi vifs, souligne l'élu, rappelant le rôle essentiel des agriculteurs dans le dynamisme des campagnes et l'aménagement du territoire.
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Redonner un cap à l'agriculture française
Au-delà des plans d'urgence successifs, nécessaires à court terme, Joël Balandraud plaide pour des réformes structurelles afin de remettre l'acte de production au cœur des politiques publiques. Objectif : permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur travail et de relever le défi stratégique de l'alimentation.
Selon lui, l'absence de décisions structurelles, souvent repoussées pour des raisons idéologiques ou démagogiques, a conduit l'agriculture française à la situation de crise actuelle. La dissolution de l'Assemblée nationale n'a fait qu'accentuer le sentiment de frustration et d'impuissance ressenti par les agriculteurs.
Pour Joël Balandraud, la France a plus que jamais besoin d'une véritable ambition nationale agricole. "Tout doit être mis en œuvre pour reconnaître le travail de celles et ceux qui démontrent chaque jour que la ruralité est une chance pour notre pays", affirme-t-il.
"L'agriculture française doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : une priorité nationale", conclut Joël Balandraud.
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