L'échauffourée finale, provoquée par des joueurs et membres du staff corse, juste devant le banc de Bastia, a presque semblé déplacée. Trop tardive. Trop théâtrale. Comme si le Stade lavallois cherchait, dans la confusion et les nerfs des autres, une trace de vie qu'il n'avait jamais montrée pendant 90 minutes. À Le Basser, il n'y a pas eu de révolte. Juste une fin de match sale pour masquer une soirée vide.
Rien, rien, rien…
Avant cela, le public avait déjà décroché. Il avait applaudi un simple contrôle de balle de Jimmy Roye, ancien capitaine du club, aujourd'hui adjoint d'Olivier Frapolli. Il s'était amusé de Peter Ouaneh torse nu, venu changer de maillot après avoir déchiré son tee-shirt. Deux scènes anecdotiques, devenues des événements, faute de football à se mettre sous la dent. Quand ce genre de détails devient le sommet émotionnel d'un match, tout est dit.
Le Stade lavallois n'a pas perdu ce match à la 70e minute. Il l'a perdu bien avant, dans son incapacité chronique à proposer quoi que ce soit, dans un stade apathique, parfois râleur, rarement derrière son équipe. Le public ne s'embrase plus parce qu'il n'y a plus rien à embraser.
Et pourtant, l'enjeu était immense. Toujours aucune victoire à domicile cette saison. Pire équipe de Ligue 2 à Le Basser. En face, un SC Bastia qui n'avait encore jamais gagné à l'extérieur. Tous les ingrédients étaient réunis pour provoquer un sursaut. Il n'y en a pas eu.
Un onze reconduit, une inertie assumée
Pour le retour de la CAN, Mamadou Samassa était l'unique changement par rapport au match de Coupe de France à Istres. Et c'est lui qui devait rapidement s'employer à deux reprises sur des frappes corses à bout portant, sans être réellement tranchantes, mais déjà révélatrices du déséquilibre lavallois.
Pour le reste, rien ne bouge. Même animation, mêmes intentions supposées, mêmes limites. Axe Bianda – Tavares – Ouaneh, Samb et Sanna sur les côtés, Benard et Mandouki au milieu, Maggiotti en 10, Dago et Maddy en puncheurs. Sur le papier, de la vitesse, de la percussion, des solutions en transition. Sur le terrain, une équipe figée.
36 minutes pour applaudir… un adjoint
Après 36 minutes de jeu, Le Basser n'a toujours pas vibré. Pas une occasion franche. Pas une séquence construite. Pas une frappe dangereuse. Le seul vrai bruit dans le stade ? Les applaudissements pour le contrôle de balle de Jimmy Roye le long de la touche. Ce n'est pas anecdotique. C'est un symptôme.
La seconde période repart sur les mêmes bases : une possession stérile, des intentions molles, aucune urgence perceptible. Puis Laval s'effondre, comme toujours, sur un détail qui n'en est plus un. Sur un corner offensif, les Tango se font transpercer. Mandouki se retrouve en un contre deux face à Bi Zaouai et Sebas. Le premier traverse le terrain sans être inquiété, sert le second, qui conclut en résistant au retour désespéré d'Ouaneh. 0-1. Logique. Presque attendu.
Le banc en dernier espoir, puis la dérive
Frapolli tente alors le tout pour le tout. Camara, Clavreul et Vargas entrent à la 68e minute. Du sang frais, dit-on. Mais même le banc, pourtant annoncé comme une force, ne change rien. Pire, sur une perte de balle de Clavreul dans sa moitié de terrain, Bi Zaouai part seul au but. Samassa détourne la frappe sur le poteau, mais Tomi a suivi et pousse le ballon au fond. 0-2. Fin de l'histoire. Il reste quinze minutes. Tout le monde sait que c'est terminé. Le stade aussi.
Ce qui frappe, au-delà du score, c'est l'attitude. Aucune révolte. Aucun sentiment d'urgence. Comme si cette équipe avait déjà intégré sa faiblesse, voire accepté son sort. La sortie injustifiée de Samassa hors de sa surface, alors que sa défense n'était pas en danger immédiat, est révélatrice de ce désordre mental. Laval n'est pas seulement limité. Laval est perdu.
Le silence plutôt que la colère
Avec 0,13 expected goal, le Stade lavallois n'a strictement rien produit offensivement. Rien. Avant cette 19e journée, Bastia n'avait jamais gagné à l'extérieur. Laval jamais à domicile. L'un des deux signes indiens devait tomber. Sans surprise, c'est celui des Corses.
Pas de véritable bronca au coup de sifflet final. Quelques sifflets, timides. De la lassitude surtout. Peut-être que Le Basser ne se met plus en colère parce qu'il n'y croit plus. Le Stade lavallois est dans un sacré pétrin. Et ce n'est plus seulement une question de niveau, de système ou de banc. C'est une question de survie en Ligue 2. Et ce soir, Laval a donné l'impression d'avoir déjà lâché.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.