Relégable et toujours sans victoire à domicile cette saison, le Stade lavallois aborde la réception de Pau, vendredi soir à Le Basser, avec le poids de l'urgence sur les épaules. Avant ce rendez-vous (encore) essentiel pour le maintien, Thibaut Vargas a pris la parole en conférence de presse. Sans langue de bois, mais sans résignation non plus.
"Je me sentais bien"
Pour le piston lavallois, la saison en cours n'a rien d'un long fleuve tranquille. Bien lancé individuellement en début d'exercice, Vargas a ensuite vu sa dynamique se briser. Quelques matchs manqués, une perte de rythme, puis cette impression diffuse de courir après son meilleur niveau. "Je me sentais bien, j'étais en train de monter en jambes, puis j'ai commencé à rater des rencontres."
Depuis, le joueur s'est remis au travail, presque dans l'ombre, avec un objectif clair : retrouver ses repères. Son repositionnement récent dans un vrai rôle de piston lui a redonné des sensations. "C'est un poste que je connais. J'attaque à fond, je défends à fond. Quand je ne me pose pas trop de questions, je suis meilleur."
Une spirale mentale à enrayer
Avant-dernier du classement, Laval ne peut plus se cacher. Le danger est réel, et la pression omniprésente. D'autant que Vargas traverse aussi une période charnière sur le plan personnel avec sa fin de contrat à venir et une paternité récente. "Peut-être que tout ça a un peu travaillé, reconnaît-il, avant d'ajouter aussitôt : J'essaie surtout de vivre le moment présent."
Pour lui, les difficultés actuelles dépassent les cas individuels. Elles relèvent avant tout d'un phénomène collectif. "On fait des matchs cohérents, on encaisse un but, et on met tous la tête sous l'eau." Un constat récurrent cette saison, où chaque coup dur semble peser doublement sur un groupe en manque de confiance.
Le travail mental est désormais au cœur des préoccupations. "Quand on prend un but, on a parfois l'impression que le match est terminé, même s'il reste une heure à jouer. Ça ne devrait pas être le cas."
Amiens, un point… et un signal
Le match nul décroché à Amiens (1-1) n'a pas fait décoller Laval au classement. Mais il a mis fin à une spirale négative qui semblait s'installer. "Ce n'est pas extraordinaire, mais on a arrêté l'hémorragie", concède Vargas.
Surtout, ce déplacement a permis de renouer avec une sensation presque oubliée : le plaisir de jouer. "J'ai retrouvé du plaisir à attaquer, à centrer, à provoquer." Sur son côté droit, les connexions avec ses partenaires (notamment avec la recrue Dylan Mbayo) ont fonctionné, redonnant un peu de fluidité au jeu lavallois. Un plaisir loin d'être anecdotique. "Quand on prend du plaisir, on a envie de faire plus pour l'autre."
Le Basser, sans peur ni honte
Neuf matchs, aucune victoire à domicile. Le chiffre pèse lourd, et la réception de Pau représente une nouvelle occasion de conjurer le sort. La dixième. Pourtant, Vargas refuse toute forme de crainte. "Je n'ai ni peur ni honte de venir jouer à Le Basser."
Selon lui, l'antre mayennais peut redevenir un atout. À condition de provoquer ce fameux déclic qui fuit Laval depuis des semaines. "Le petit but en plus, le petit truc de folie… Quand ça va tourner, on redeviendra compliqués à jouer ici."
Passé par Nîmes (2022-2023) lors d'une saison délicate, Vargas sait combien une lutte pour le maintien peut user les organismes et les esprits. Cette expérience, il tente aujourd'hui de la partager avec les plus jeunes. "Une descente, ça reste sur ton CV. C'est dur mentalement, et ce n'est jamais anodin pour la suite d'une carrière."
Vendredi soir, face à Pau, Laval jouera plus qu'un match. Peut-être le début d'un réveil. Ou, au contraire, la confirmation d'une saison sous tension permanente. Thibaut Vargas, lui, a choisi son camp : celui de la lucidité, sans la peur.
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