L'enarque se reconvertit dans la musique

00h00 - 09 septembre 2004 - par C.G

Parcours original que celui de l'auteur-compositeur lavallois Kaar Kaas Sonn. L'ENA le prédestinait à occuper un poste important à la Présidence du Tchad. Mais l'amour l'a conduit à Laval, où il a raccroché ses cravates de futur diplomate pour apprendre la guitare et écrire des chansons. Bien lui en a pris : elles passent aujourd'hui sur France Inter Paris. Et leur auteur donnera un concert samedi soir dans la capitale. Avant, Flavien Kobdigué portait des cravates. C'était l'époque où il travaillait au ministère des Affaires étrangères, au Tchad, ou carrément à la Présidence, parce qu'il était sorti major de l'ENA - option diplomatie. Aujourd'hui, on l'appelle Kaar Kaas Sonn. C'est un nom de scène. L'enarque s'est reconverti dans la musique. Il vit à Laval mais on lui sait gré jusqu'à Paris d'avoir laissait tomber la cravate et pris la plume pour écrire des chansons. Des chansons singulières aux influences musicales diverses (rap, chanson française, musique du monde) et dans lesquelles se télescopent des références culturelles de tous horizons : philosophie, économie, poésie. L'écriture-fleuve de Kaar Kaas Sonn charrie des mots qu'on n'a pas l'habitude d'entendre dans des chansons, des mots qui ressortissent moins au langage du compositeur qu'à celui de l'écrivain. C'est une écriture lyrique, parfois cabalistique, jamais boursouflée. Avec une diction friande aussi de cassures, de saccades. On a l'impression que Kaar Kaas Sonn écrit tantôt avec un scalpel, tantôt avec une plume d'oie. Rappeur et poète. La voix est chaude et colle à chaque fois au thème abordé. Intonations chagrines quand elle raconte l'histoire d'une jeune femme abusée. Ce talent a été rapidement reconnu. D'abord par France Inter Paris, dont un programmateur, séduit par la maquette de Kaar Kaas Sonn, a décidé de passer ses compositions à l'antenne. Ce n'est pas tout : l'artiste se produira en concert samedi soir, 11 septembre, à la Java, dans le XIe arrondissement de Paris. Des opportunités intéressantes pour un musicien qui ne recherche pourtant pas le succès à tout prix. Parlez-lui des maisons de disques : «On ne peut pas discuter d'égal à égal avec un producteur quand on débute. Je n'ai pas envie qu'on m'impose quoi que ce soit, je refuse d'être court-circuité par leurs contraintes marketing. Ecoutez la radio : c'est toujours le même son, les mêmes voix, la même production. Ils phagocytent la liberté des artistes. Moi je veux d'abord faire de la scène et me faire connaître. Après j'aurai l'autorité pour imposer mes chansons». Kaar Kaas Sonn recherche simplement un tourneur, pour jouer en live quelques-unes de ses 24 chansons. Par ailleurs, il se produira le 8 avril aux Ondines, où il partagera la scène avec Emma Mory.

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