Le combat de Jean Luc Mélenchon (PS) pour le non : «c'est un coup de tonnerre qui résonne»

00h00 - 07 avril 2005 - par C.G

Le comité pour un non de gauche au référendum du 29 mai a réussi à attirer un important public jeudi dernier à Laval à l'occasion de la venue de Jean Luc Mélenchon. Près de 200 personnes avaient pris place dans la salle du centre multiactivités de Saint Nicolas : adhérents du parti, parfois en rupture avec lui (on a ainsi revu Yves Pers, Hervé Eon, Claude Piou, Roger Buard, Monique Doumeau...), membres de la Confédération paysanne, syndicalistes, membres d'Attac, militants ou responsables du parti communiste, écologistes... Jean-Luc Mélenchon a reconnu dès le début de son intervention être dans une position délicate. Ce sénateur socialiste de l'Essonne se distingue en adoptant une position contraire à celle de son parti. «C'est un crève coeur pour moi. Je suis un peu meurtri.» Il a tout de suite précisé : «je ne parle pas au nom du parti socialiste.» Mais chez lui, (à moins de croire qu'il s'agit d'une manœuvre) la conviction l'emporte sur l'appartenance au parti ; il plaide à fond pour le non et est persuadé de la victoire : «C'est un coup de tonnerre qui résonne ; ce n'est pas un acte déraisonnable de dire non ; vous avez raison. Nous sommes imbattables.»Au cours d'une explication d'une bonne heure, parfois un peu trop juridique et technique, Jean Luc Mélenchon a démontré que le texte est non-démocratique, concocté par une convention nullement démocratique, ambigu, portant en lui les germes de conflit et inspiré par une logique libérale : «pour la première fois, on a affaire à un texte économique, inséré dans un texte politique. On veut nous faire adopter un texte inrévisable. On file vers un gouvernement des juges. Tous les articles peuvent être l'objet d'interprétations différentes. Le droit de pétition est un mensonge éhonté ; la lutte contre les discriminations, c'est un attrape gogo ; la charte des droits sociaux c'est du pipeau. Ce texte n'est pas le fruit d'un compromis ; il est marqué par une logique libérale et une logique d'affrontement ; on file vers la guerre civile». Égratignant au passage ses collègues socialistes comme Ségolène Royal («elle nous propose une version simplifiée de la Constitution ; bientôt, ce sera un dessin à colorier») ou François Rebsamen ("quelle mouche l'a piqué? "), Jean-Luc Mélenchon a aussi dressé un vibrant hommage à l'héritage de la Révolution française : «nous sommes les héritiers de la Révolution ; c'est cette empoignade qui continue...» Au fil du temps, il semble qu'on assiste à une radicalisation du mouvement pour le non. On était parti d'un mouvement républicain, puis on est passé à un non de gauche ; on est aujourd'hui près d'un non d'extrême gauche.

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