Abus sexuels dans l'Eglise : trois cas en Mayenne

07h00 - 10 juin 2019 - par L.Q
Abus sexuels dans l'Eglise : trois cas en Mayenne
De gauche à droite, Me Bernard Morand, Odile Renié, Mgr Scherrer, Père Luc Meyer.

Mardi 4 juin, le diocèse a organisé une réunion sur les abus sexuels dans l’Eglise.

« Une plaie purulente ouverte au flanc de l’église. » Monseigneur Scherrer, évêque de Laval, qualifie ainsi les abus sexuels dans l’Eglise. Pour la première fois, le diocèse a organisé, mardi 4 juin, une réunion publique sur ce sujet.

L’évêque a eu des mots forts concernant « ce fléau ravageur ». Pour Monseigneur Scherrer « c’est un drame dans lequel notre Eglise se trouve compromise, non seulement par les abus innombrables commis par des clercs mais aussi par les silences coupables de la hiérarchie pour couvrir ces crimes ».

Face à ces faits répréhensibles, il complète : « Nous serions mal inspirés d’adopter une posture victimaire. Cette stratégie mensongère conduit à la politique de l’autruche. Face à l’ampleur des traumatismes, nous sommes passés d’un déni massif à la sidération. »

Trois cas en Mayenne en dix ans

En dix ans, sur le diocèse de Laval, trois cas d’abus sexuel  par des prêtres sont avérés. Monseigneur Scherrer a tenu à les évoquer.

En 2009, un religieux de la Fraternité de Chémeré-le-Roi reconnaît des abus sexuels devant son prieur. Il sera condamné à deux ans de prison. Lors de son procès canonique, il sera réduit à l’état de laïc.

En 2014, un prêtre de la congrégation du Christ-Roi a agressé un jeune de 16 ans, à l’église des Cordeliers à Laval. Condamné à cinq mois de prison avec sursis en décembre 2017, il fera appel de cette décision en décembre 2018. La première décision est confirmée. Le prêtre se pourvoit en cassation.

Une cellule d'écoutes locales

Enfin, en avril 2017, un prêtre du diocése, âgé de 79 ans, reconnaît des faits révélés en 2013. Il sera condamné à de la prison avec sursis.

Depuis 2016, une cellule d’écoute locale existe. Maître  Bernard Morand en fait partie : « La plupart des mails viennent de personnes âgées. Une Mayennaise nous a expliqué “être morte à 4 ans et demi”. Elle a subi les actes de son grand-oncle, prêtre. Durant 45 ans, elle a complétement occulté ses actes. Notre cellule écoute des gens qui n’ont pas trouvé d’autres oreilles. »

Pratique : si vous souhaitez contacter cette cellule, mail : paroledevictimespaysdeloire@gmail.com.

 

Abonnez-vous au Courrier de la Mayenne
0 commentaires

Envoyer un commentaire