LGV : 11 millions de travaux contre le bruit, les riverains sceptiques

08h00 - 10 mai 2019 - par B.E
LGV : 11 millions de travaux contre le bruit, les riverains sceptiques
Les 11 millions d’euros annoncés pour les travaux ne feront pas renoncer les riverains à leur procédure d’indemnisation.

La ministre des Transports a annoncé une enveloppe de 11 millions d'euros de travaux pour réduire les nuisances sonores de la LGV en Mayenne. Les riverains sont sceptiques.

« Pour notre avocat, c’est de la soie ! » Gérard Lesage, président du CRI 53 (Collectif pour la Représentation des Intérêts des riverains de la LGV Paris Rennes – BPL) a accueilli l’annonce de la ministre des Transports du 2 mai avec une certaine satisfaction. S’appuyant sur le rapport du CGEDD (Conseil général de l’environnement et du développement durable), celle-ci a annoncé des travaux complémentaires pour réduire les pics de bruit élevés lors du passage des trains : rehaussement de talus, prolongation de murs ou isolation des habitations. 

Le montant de ces travaux est estimé à 11 millions d’euros et doit être pris en charge par les co-financeurs du projet, les obligations réglementaires étant respectées. Le rapport propose que cette prise en charge soit répartie à 50 % pour l’Etat et 50 % pour les collectivités locales, conformément aux principes du financement de ces lignes. Seuls certains cas de dépassement de seuils constatés seront à la charge des concessionnaires de la ligne à grande vitesse.

« Quels endroits seront choisis ? »

Des mesures qui laissent sceptique le CRI 53. « Pour rehausser un talus ou un merlon, il faudra prendre du terrain agricole pour élargir la base. On ne va pas refaire une procédure d’aménagement foncier. Selon la topologie du terrain, les murs anti-bruits peuvent être efficaces pour une personne située à proximité, tandis qu’une autre située un peu plus loin entendra le bruit. Et puis, il va falloir choisir les endroits où réaliser ces travaux. Quant à l’isolation des habitations, cela risque d’enlever le charme de certaines fermes », commente Gérard Lesage.

Procédure en référé devant le tribunal administratif

Pour le président du CRI 53, ce n’est pas cela qui va arrêter la procédure engagée par le collectif. Celui-ci, par le biais de Me Jean-Christophe Menard, avocat spécialisé de Paris, va demander au tribunal administratif un référé expertise pour désigner un expert afin d’évaluer les préjudices si possible cet été. 70 dossiers ont été confiés par le collectif à cet avocat.

 

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