Dossier du 21/01/2010 à 15:37
Le Berthevinois prépare l'arrivée du gros des troupes : Alain Gilardi en mission de reconnaissance
Alain Gilardi effectue les derniers préparatifs. Dans quelques heures, il part avec trois coéquipiers à Haïti, en éclaireur pour préparer l'arrivée des troupes de la Protection civile.
Le président de la Protection civile 53 a été désigné pour effectuer à Haïti une mission de reconnaissance et d'évaluation des besoins, afin de préparer l'arrivée dans les prochaines semaines des troupes de secouristes.

Chez lui, tout est prêt. Sont alignés devant les sacs à dos une collection d'outils en tous genres, des barres énergétiques, des aliments lyophilisés, une montagne de pastilles de sodium, du matériel de premiers soins, quelques affaires de toilette et quelques vêtements de rechange. Déjà vêtu de sa tenue bleue et orange, Alain a passé une bonne partie de la matinée au quartier général de la Protection civile de la Mayenne, boulevard Louis-Armand à Saint-Berthevin. Sur l'ordinateur, il consulte les dernières nouvelles, les derniers courriels, prend les derniers contacts. Quelques heures de sommeil, un au-revoir, puis ce sera le départ. « Nous partons à quatre. Je serai accompagné d'un secouriste, d'un médecin haîtien et d'un médecin français. Nous connaissons bien le secteur et avons des contacts là-bas car nous sommes intervenus plusieurs fois pour former des médecins et infirmiers, eux-mêmes chargés de former du personnel. Nous partons pour une mission de reconnaissance qui devrait durer deux à trois semaines, afin de préparer l'arrivée de plusieurs groupes de la Protection civile, de 20 à 40 secouristes, qui assurerons des missions de quinze jours en relais, comme nous avons fait au Sri Lanka et en Thaïlande pour le tsunami. Nous ne partons pas pour soulever les pierres, ça n'avance malheureusement à rien de se marcher sur les pieds pour ça. Sur demande du ministère des Affaires Etrangères, nous interviendrons sur les hôpitaux et les orphelinats, dont aucune ONG ne s'occupe pour l'instant. Nous allons les localiser et évaluer les besoins, puis préparer la venue de nos troupes en balisant les espaces pour des hôpitaux de campagne et pour le camp de base, en s'assurant qu'il y ait au moins des points d'eau potable et l'électricité. Il est fort possible que nous ayons à aménager ou réparer ces réseaux, pour assurer des conditions minimum d'hygiène et de sécurité. Nous devrons également préparer l'approvisionnement en vivres de nos équipes et des victimes qu'ils aideront. Nous aurons aussi à trouver des 4x4 et si possible des chauffeurs. Nous allons nous entourer d'une équipe médicale locale pour assurer quelques postes de soins sur notre passage ».
Les quatre éclaireurs rayonneront sur les faubourgs de Port-au-Prince, car il y a déjà beaucoup de secours en centre-ville, et à vingt kilomètres dans la région sud. « Au-delà, c'est une zone de non droit où l'armée n'est même pas présente, explique Alain Gilardi. On ne peut pas assurer sereinement nos missions si nous ne nous sentons pas nous-mêmes en sécurité ». Outre les hôpitaux décentralisés et les orphelinats, la Protection civile française aura pour mission de remettre en marche la grande usine Haïti Métal, manufacture de vaisselle en inox qui emploie 300 personnes, pour relancer l'économie et pour permettre aux gens de disposer d'objets de première nécessité.
Mardi soir, le feu vert est donné. Les avions d'Air France ne sont pas prioritaires, mais Air Caraïbes, qui dispose de quelques autorisations, a proposé contre un coût modique d'embarquer les quatre éclaireurs. Flegmatique et expérimenté, Alain semble pourtant soulagé de pouvoir enfin passer à l'action : « on part la nuit prochaine ».


Article rédigé par :
Frédéric Martin

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